RDC : ce qu’il faut savoir sur la décision de la Belgique de restreindre les demandes d’asile

En 2 lignes

La Belgique pointe particulièrement le cas de la RDC, où les demandes d’asile ont explosé. Mais, fait surprenant, la majorité viendrait de Kinshasa plutôt que de l’Est du pays, pourtant en conflit.

04/17/2026

En bref

En République démocratique du Congo (RDC), un sujet fait parler sur les réseaux sociaux depuis quelques jours : le durcissement des conditions d’octroi de l’asile dans plusieurs pays de l’Union européenne, qui dénoncent une hausse des demandes en provenance du pays. Récemment en visite à Kinshasa, la ministre belge en charge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a détaillé la nouvelle politique migratoire de son pays. Elle a notamment indiqué que la Belgique entend durcir les mesures visant les demandes jugées non fondées, dont une majorité proviendrait de Kinshasa, afin de laisser la place à ceux qui en ont réellement besoin, tout en respectant les procédures.

Plus d’un siècle d’histoire lie la RDC à la Belgique, ancienne puissance coloniale devenue partenaire bilatéral. Des liens historiques, culturels et divers unissent les deux pays, faisant naturellement de Bruxelles une destination prisée par de nombreux Congolais souhaitant quitter la République démocratique du Congo. Cette proximité a longtemps favorisé un important, mais encadré, flux migratoire.

Mais ces dernières années, dans un contexte de crise mondiale, les politiques migratoires se durcissent de plus en plus. Et la Belgique ne fait pas exception. Pour limiter certaines demandes jugées abusives ou non fondées, la ministre belge en charge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt , a annoncé lors de sa visite à Kinshasa que son pays souhaite décourager les demandes d’asile motivées par des raisons économiques. Elle a indiqué que le taux de reconnaissance est très faible et que la plupart des dossiers congolais sont refusés, tout en précisant que les personnes respectant les règles restent les bienvenues pour visiter ou séjourner légalement en Belgique.

Pourquoi c’est important 

Aborder ce thème d’actualité nous permet de prévenir et de combattre la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux. Notre objectif est d’éclairer le public sur les questions entourant les migrations non réglementées et de contribuer à une prise de conscience sur ces enjeux.

Citation

 » Je suis maintenant ministre depuis plus d’un an et depuis les débuts, on a indiqué qu’on va avoir une politique de l’asile et de migration différente, plus sévère, parce que pour nous, c’est important de pouvoir protéger les gens qui en ont vraiment besoin. Mais malheureusement, on voit en Belgique qu’il y a de plus en plus de gens qui ne profitent pas de la bonne façon de notre procédure et c’est pourquoi qu’on doit changer de voie sur cette politique ». (…) On doit dire comme ça parce que comment est-ce qu’on pourrait autrement expliquer qu’en Europe, il y avait une diminution des demandes d’asile de 12 %, en Belgique en 2024, donc avant que j’aie pris fonction, ils ont augmenté avec 12 %. Donc, on voit aussi que la société belge ne peut plus gérer la charge que cette migration pèse sur ou donne sur notre société, par exemple sur la sécurité sociale, sur l’enseignement, sur le logement, sur la sécurité. Donc c’est pourquoi on a décidé d’avoir une politique plus sévère. Mais je dis toujours, c’est basé sur trois piliers : diminuer le flux, augmenter le retour pour pouvoir donner un accueil plus humain aux gens qui en ont vraiment besoin (…) Concernant le retour, par exemple, la coopération avec le Congo est très, très bonne. Donc, dès la semaine prochaine, par exemple, il y aura de nouveau un vol vers le Congo. On l’organise avec d’autres pays de l’Union européenne. Donc, on va continuer sur cette voie aussi. »

Capture d'écran du passage sur la Radio Top congo fm de Anneleen Van Bossuyt , ministre Belge en charge d’Asile et de la Migration 

Capture d’écran du passage sur la Radio Top congo fm de Anneleen Van Bossuyt , ministre Belge en charge d’Asile et de la Migration

Les faits

Selon Anneleen Van Bossuyt, ministre belge en charge de l’Asile et de la Migration, en 2025,  2 500 ressortissants de la RDC ont introduit une demande d’asile   en Belgique. Cette hausse marque une augmentation rapide des demandes de protection internationale dans un contexte de tensions persistantes et de recours accru à la Belgique comme destination migratoire.

Au premier  trimestre de l’année 2026, la Belgique affirme avoir déjà enregistré près de 450 demandes d’asile en provenance de la République démocratique du Congo. Selon les autorités belges, la majorité des requérants viendrait de zones relativement stables, notamment Kinshasa, la capitale, plutôt que des régions touchées par les conflits dans l’Est du pays. Cette situation explique les efforts de Bruxelles visant à décourager certains flux migratoires, dont les motivations seraient principalement économiques plutôt que sécuritaires.

Demandes d’asile : ce que dit le droit international

Selon la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés, à laquelle la RDC est signataire, les États parties ont l’obligation de protéger les personnes qui fuient des persécutions ou des menaces graves dans leur pays d’origine. Sont principalement concernées les personnes exposées à des risques en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social particulier ou de leurs opinions politiques. Ces personnes peuvent solliciter le statut de réfugié ou une protection internationale lorsque leur retour dans leur pays représente un danger réel. En revanche, la Convention ne couvre pas les migrations motivées exclusivement par des raisons économiques.

La nouvelle posture du Parlement européen qui change tout 

Le 24 mars 2026, les députés européens (1) ont voté de nouvelles règles pour mieux contrôler l’immigration en Europe. Si un migrant voit sa demande d’asile refusée dans un pays européen, il ne pourra plus simplement traverser la frontière pour recommencer la même démarche dans un pays voisin. Les 27 pays membres seront désormais obligés de reconnaître mutuellement leurs décisions d’expulsion. Un migrant dont la demande a été rejetée pourra être envoyé dans un pays tiers jugé « sûr » par l’Europe, même s’il n’a aucun lien avec ce pays.

Amnesty International a vivement critiqué le vote du Parlement européen du 26 mars 2026, estimant qu’il renforce des politiques migratoires plus dures, marquées par la détention accrue et des expulsions facilitées au détriment des droits humains. Selon l’organisation, ce texte, adopté rapidement sans évaluation suffisante  des sanctions et restrictions disproportionnées, ainsi qu’un recours plus fréquent et prolongé à la détention, en violation des normes internationales. Il introduit aussi des ‘’centres de retour’’ dans des pays tiers, jugés dangereux et incompatibles avec le respect des droits fondamentaux. 

Amnesty International considère que ces mesures risquent d’aggraver la précarité des personnes migrantes plutôt que de réduire l’immigration irrégulière, et dénonce une tendance générale de l’UE vers des politiques migratoires plus répressives et excluantes. 

En conclusion, les mesures de restrictions annoncées par la Belgique sont vraies et c’est pour limiter la migration irrégulière. Les personnes qui respectent les règles de demande d’asile restent les bienvenues pour visiter ou séjourner légalement en Belgique.

Écrit par Moïse Esapa avec la contribution de Samuel Isenge  Relecture:  Dinho Kazadi 

Nos sources: 

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