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- Cette vidéo prétendant montrer la préparation d’un assaut des FARDC pour la reconquête de Goma est générée par l’intelligence artificielle
Sur les réseaux sociaux, notamment sur WhatsApp et TikTok, des internautes ont partagé une vidéo d’une minute dix secondes montrant des hommes en tenue militaire en pleine réunion de préparation d’un assaut présenté comme devant être mené à Goma. Selon les publications accompagnant la séquence, l’objectif serait de reconquérir la ville et de pénétrer ensuite au Rwanda. Après vérification à l’aide de l’outil de détection Hive Moderation, spécialisé dans l’identification de contenus générés par intelligence artificielle, il apparaît que la vidéo ainsi que le son ont été générés par l’IA.
En deux lignes : Cette vidéo montrant une réunion d’une unité des FARDC en préparation d’un assaut à Goma a été générée par intelligence artificielle.
Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC, plusieurs zones restent en partie sous le contrôle des rebelles de l’AFC-M23, soutenus par l’armée rwandaise, selon plusieurs sources. Malgré les appels répétés de la communauté internationale invitant Kigali à retirer ses troupes du territoire congolais , aucune avancée concrète n’a été enregistrée à ce jour.
La Citation: « Trop c’est trop (…) Cette guerre doit finir au Rwanda. Nous allons montrer Kigali que nous savons cette guerre, nous devons leur faire voir le feu. Nous devons les calciné un à un » (lien de la publication)
Les faits: Cette affirmation a suscité des doutes. En effet, une recherche effectuée sur Google à l’aide des mots-clés « FARDC, planification, assaut, Goma, Kigali » n’a donné aucun résultat concluant. Nous avons ensuite consulté la page Facebook officielle de l’armée loyaliste congolaise, sans y trouver de vidéo similaire. Afin de vérifier l’authenticité de la séquence , nous avons soumis un extrait de 19 secondes à Hive Moderation, un outil de détection de contenus générés par intelligence artificielle. Les résultats indiquent un score de 90,6 % de probabilité que l’audio soit généré par l’IA, ainsi qu’une probabilité de 57,3% que la vidéo soit entièrement produite par intelligence artificielle.
L’analyse visuelle de la vidéo révèle également plusieurs incohérences. D’abord les uniformes portés ne correspondent pas à ceux des Forces armées de la RDC. Ensuite, à la 23e seconde, une disposition inhabituelle apparaît : alors que la personne dirigeant la réunion se déplace vers l’arrière de la salle, les militaires assis du premier au troisième banc regardent vers l’avant, tandis que ceux placés à partir du quatrième banc regardent dans la direction opposée. D’autres anomalies sont visibles aux 36e et 39e secondes : les soldats répondant au « chef » de la réunion apparaissent dans un environnement extérieur , en forêt, et non dans la salle. Une incohérence similaire à la 57e seconde, où le dirigeant de la réunion semble être une personne différente, ce qui renforce les soupçons de manipulation. Pour Reagan Miviri, analyste au centre de recherche Ebuteli, cette vidéo pourrait traduire le soutien d’une partie de la population aux FARDC. « Je ne pense pas que cette vidéo provienne des FARDC, mais il faut reconnaître qu’il existe encore des compatriotes congolais qui croient en l’option militaire, bien qu’elle n’ait pas encore prouvé son efficacité jusqu’à présent », estime-t-il. De sont côté, un enseignant d’universités spécialisé en Relations internationales considère cette commmunication comme une stratégie de dissuasion dans un contexte de négociation. « Une telle déclaration est souvent utilisée par une partie engagée dans des négociations afin de plonger le camp adverse dans l’incertitude ou de le pousser à accepter rapidement certaines propositions. C’est la même logique lorsque, en plein cessez-le-feu , des mouvements de troupes sont autorisés sur terrain », explique-t-il.
En conclusion, la vidéo montrant prétendument l’armée congolaise en préparation d’un assaut pour reconquérir la ville de Goma présente plusieurs indices laissant penser qu’elle a été générée par intelligence artificielle.
- Aucune preuve que Joseph Kabila ait demandé aux habitants de Goma et de Bukavu de changer leur carte d’électeur
Le 15 avril 2026, une publication diffusée sur le réseau social TikTok a affirmé que l’ancien président Joseph Kabila aurait demandé aux habitants de Goma et de Bukavu de changer leurs cartes d’électeur, au motif que ces deux villes ne feraient bientôt plus partie de la République démocratique du Congo. Contrôlées par les rebelles de l’AFC/M23, ces villes de l’Est du pays sont régulièrement au cœur de campagnes de désinformation. Après vérification, nos recherches démontrent que la vidéo résulte d’un montage et que l’audio diffusé a été généré à l’aide de l’intelligence artificielle.
En deux lignes : Aucune preuve crédible ne permet d’authentifier cette déclaration attribuée à Joseph Kabila.
Cette publication intervient quelques jours après une déclaration de Paul Kagame à Jeune Afrique, dans laquelle le président rwandais affirmait que Joseph Kabila collaborerait avec le mouvement rebelle AFC/M23. Cette sortie a largement alimenté la désinformation sur les réseaux sociaux dans l’Est du pays, notamment à travers plusieurs publications relayées ici, ici et ici.
Citation : « Le président joseph Kabila a décidé que les populations vivants dans les villes de Goma et de Bukavu doivent immédiatement changer leurs carte d’électeurs affirmant que ces villes ne ferait plus partie de la RDC »
Les faits: Nous avons d’abord mis en doute l’authenticité de la voix entendue dans la vidéo soumise à la vérification. Pour cette raison, nous avons utilisé Elevenelabs, un outil de détection de contenus générés par intelligence artificielle, qui a attribué un score de 98% indiquant une forte probabilité de génération artificielle.
Nous avons ensuite consulté plusieurs médias locaux, nationaux et internationaux crédibles, ainsi que des médias rwandais. Aucun n’a relayé une information faisant état d’une telle déclaration . Enfin, nous avons contacté le maire de Goma , qui n’a pas réagi à cette affirmation.
En conclusion, aucune preuve ne permet d’établir que cette déclaration émane de Joseph Kabila ni que l’information diffusée soit fondée.
- Aucune preuve que les États-Unis aient déclaré que l’armée congolaise est « le pire partenaire »
Sur Facebook, le compte Kigali Daily News a publié une image montrant des officiers supérieurs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), accompagnée d’un message affirmant qu’un rapport interne confidentiel qualifierait l’armée congolaise de « pire partenaire » des États-Unis. Après vérification, aucune preuve ne permet de confirmer cette affirmation.
En deux lignes : Contrairement à ce qui circule sur les réseaux sociaux, aucune preuve ne permet d’affirmer que l’armée congolaise serait le « pire partenaire possible » pour les États-Unis.
Ce message circule alors que les Forces armées de la République démocratique du Congo, appuyées par leurs alliés Wazalendo, sont engagées sur plusieurs fronts contre la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Dans le cadre des efforts de résolution diplomatiquement de la crise, sous la médiation du président américain Donald Trump, le Rwanda et la RDC ont signé un accord de paix à Washington en décembre 2025. Toutefois, en dépit de cet accord, les combats se poursuivent sur le terrain.
Citation : « L’armée congolaise est le pire partenaire possible pour les États-Unis, selon un rapport interne confidentiel du gouvernement.»
Les faits: Lorsque nous avons pris connaissance de ce message, nous avons effectué une recherche sur Google à l’aide de mots-clés tels que « l’armée congolaise », « pire partenaire », « États-Unis », « rapport ». Aucun résultat pertinent n’a été trouvé. Nous avons également consulté le site du Département d’État américain, sans y relever la moindre trace d’une telle affirmation. Du côté des autorités congolaises, aucune communication officielle n’a été publiée à ce sujet.
Concernant la coopération sécuritaire entre la RDC et les États-Unis, le 26 février 2026, le vice-Premier ministre congolais en charge de la Défense nationale et le chargé d’affaires des États-Unis en RDC se sont rencontrés à Kinshasa afin d’échanger sur l’« intensification » de la coopération militaire, notamment à travers le partage de renseignements.
En conclusion, contrairement à ce qui circule sur les réseaux sociaux, aucune trace ni preuve ne confirme l’existence d’un prétendu rapport qualifiant l’armée congolaise de « pire partenaire »pour les États-Unis
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