Malgré la signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington, ainsi que la poursuite des pourparlers de Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23, la situation sécuritaire demeure tendue dans l’est du pays. Sur le terrain, les affrontements se poursuivent entre les FARDC, appuyées par les groupes Wazalendo, et la rébellion AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon plusieurs rapports d’experts des Nations unies. Dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, de violents combats ont récemment opposé les deux camps. Les villages de Bumbasha, Karambi et Chahemba sont le théâtre de violents affrontements entre les forces loyalistes et les rebelles, une situation qui entraîne le déplacement de nombreux civils.
Cette affirmation intervient alors que la RDC et l’AFC/M23 ont, sous la médiation du Qatar, autorisé le déploiement d’une mission de la MONUSCO à Uvira.
Citation :
« Pensez-vous que la coalition M23-AFC-RDF-TWIRWANEHO-RED TABARA-FNL pourrait avoir des munitions et armes sophistiquées pour combattre les FARDC/Wazalendo sans la MONUSCO qui les a ravitaillés ? n’eut été la MONUSCO qui avait ravitaillé ces rebelles rwandais, la guerre serait déjà terminée dans les haut plateaux»

Capture d’écran prise par BALOBAKI CHECK
Les faits:
Plusieurs éléments nous ont conduits à mettre en doute cette affirmation. D’abord, la MONUSCO s’est officiellement retirée de la province du Sud-Kivu en juin 2024, ce qui rend peu crédible l’hypothèse d’un appui militaire direct dans cette zone. Ensuite, l’auteur du message n’apporte aucun élément de preuve permettant d’étayer ses accusations, qu’il s’agisse de photos, de vidéos ou de documents attestant de prétendus transferts d’armes ou de munitions.
Contacté par Balobaki Check le 11 février 2026, Jean-Tobie Okala, du bureau de l’information publique de la MONUSCO, a refusé de commenter cette publication, estimant que sa source n’était pas crédible. Enfin, aucune communication officielle du gouvernement congolais, des FARDC ou d’une autre autorité compétente ne fait état d’un quelconque soutien logistique ou militaire de la MONUSCO à la coalition AFC/M23.
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MONUSCO : une crise de confiance qui favorise la désinformation
Ce climat de suspicion trouve en partie son origine dans les manifestations de juillet 2022, au cours desquelles des organisations de la société civile, des mouvements citoyens et plusieurs groupes de pression avaient réclamé le départ de la MONUSCO, qu’ils jugeaient inefficace face à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.
Pour le professeur Augustin Kahindo Muhesi, chercheur à l’Université de Goma, ce type de rumeurs s’inscrit dans une logique de manipulation de l’information. Selon lui, les populations sont aujourd’hui exposées à une véritable « guerre numérique », dont les effets psychologiques peuvent être importants. Il estime que, pour restaurer la confiance et limiter la propagation de fausses informations, la MONUSCO devrait renforcer sa stratégie de communication et mieux expliquer son mandat ainsi que ses actions auprès des communautés locales.
En conclusion, rien ne permet d’établir que la MONUSCO a fourni des armes aux rebelles de l’AFC/M23 dans les Hauts-Plateaux. Les accusations relayées dans cette publication ne reposent sur aucun élément de preuve crédible.
Liens – vous aussi, vous pouvez vérifier !
- Lien sur l’accord Washington
- Lien sur les pourparlers de Doha
- Lien sur le soutien du Rwanda
- Lien sur les combats au Nord-Kivu
- Lien sur la demande du contrôle du cessez-le-feu par la Monusco à Uvira
- Lien sur le retrait de la Monusco du Sud-Kivu
- Lien sur les manifestations contre la Monusco
- Lien vers le profil du professeur Augustin Kahindo Muhesi




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