Aucune preuve ne démontre que le gouvernement congolais mène un génocide contre les Banyamulenge au Sud-Kivu

En 2 lignes

Aucune preuve n'atteste que le gouvernement congolais mène un genocide contre la communauté Banyamulenge.

08/26/2026

En bref

Une publication largement relayée sur le réseau social X affirme que le gouvernement congolais mènerait un génocide contre la communauté banyamulenge au Sud-Kivu en bombardant délibérément des civils avec l'appui des militaires burundais. Or, aucune preuve ne vient étayer ces graves accusations visant le président Félix Tshisekedi et qualifiant ces faits de crimes de guerre et de génocide. De plus, la photo utilisée pour illustrer cette publication est sortie de son contexte : elle circule sur internet depuis 2020 et n'a aucun lien établi avec les événements évoqués.

Les attaques de drones attribuées au M23 et à ses alliés ont fait au moins dix-huit morts et plusieurs blessés le vendredi 3 juillet au matin dans le village de Mulima, en territoire de Fizi (Sud-Kivu), selon l’administrateur du territoire. Ces frappes sont intervenues dans un contexte de violents affrontements signalés depuis le jeudi 2 juillet entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles de l’AFC/M23 dans cette partie de la province.

Publiée le 19 juillet 2026, cette publication a enregistré 1,5k vues au 21 juillet 2026. 

Citation 

« URGENT🚨

📝GÉNOCIDE CONTRE LES BANYAMULENGE

Ce que le régime de #Tshisekedi inflige au Sud-Kivu est un génocide qui s’opère ouvertement, sous les yeux et dans le silence assourdissant du monde entier. Bombarder des civils innocents à l’aide de drones, d’avions de chasse et d’artillerie lourde, avec l’appui direct des militaires burundais, constitue sans aucun doute des crimes de guerre et des actes de génocide indiscutables.Ce régime, et en particulier son chef Félix Tshisekedi, responsable de cette épuration ethnique contre les #Banyamulenge, doit impérativement être traduit en justice. Le monde ne devrait pas tolérer ces atrocités largement documentées. Quant à nous, Congolais, nous continuerons à mener notre révolution jusqu’à ce que justice soit rendue, car nous avons déjà trop souffert….»

Capture d’écran prise par Balobaki Check

Les faits : 

Nous avons d’abord effectué une recherche sur Google à l’aide des mots-clés « gouvernement congolais », « génocide » et « Banyamulenge ». Les résultats nous ont conduits à un article de Mediacongo relayant les conclusions des experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo. Dans leur rapport, ces experts indiquent ne pas avoir documenté d’assassinats ciblés de civils banyamulenge.

Par ailleurs, nous avons effectué une recherche d’image inversée à partir de la photo accompagnant cette publication. Les résultats montrent que cette image circule sur Internet depuis 2020. Elle représente en réalité des miliciens Maï-Maï capturés puis présentés par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) le 18 juin 2020.

Lors d’une conférence de presse devant la presse nationale et internationale à Kinshasa en février 2025, le Président Félix Tshisekedi a déclaré que les Banyamulenge nés en RDC sont des Congolais à part entière, affirmant qu’ils ont choisi ce pays comme le leur. Cette position est conforme à l’ article 10  de la constitution de la RDC, ainsi qu’à la loi n°35-1961, qui reconnaît la nationalité congolaise d’origine ou par acquisition. Ces accusations sont donc infondées et participent à la diffusion de discours de haine à caractère ethnique.  

En conclusion, aucune preuve ne permet d’affirmer que le gouvernement congolais mène un génocide contre la communauté banyamulenge.

Cet article est rédigé dans le cadre du projet : ‘’ pour chaque rédaction, un fact-checker pour veiller à l’intégrité de l’information dans l’espace public ‘’

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