Former dans une zone de conflit : l’expérience de Balobaki Check dans la ville d’Uvira

12 octobre 2026

Entre deux accalmies, dans cette partie de l’est de la République démocratique du Congo où la “paix” est le seul mot pour lequel les habitants donneraient tout pour troquer avec l’incertitude, la peur, la guerre. Balobaki Check a renforcé les capacités de 25 journalistes dans la ville d’Uvira, avec l’accompagnement du CICR.

En décembre 2025, la ville avait été prise d’assaut par les rebelles de l’AFC/M23, avant leur retrait annoncé dans le contexte des discussions engagées, notamment avec l’implication des États-Unis. Depuis, Uvira demeure marquée par les incertitudes, les déplacements de populations et les fragilités propres aux territoires qui tentent de se relever après les violences.

Dans les zones de conflit, le journaliste ne se contente pas de rapporter les événements. Il avance au milieu des récits contradictoires, des rumeurs et des blessures anciennes. Une fausse information peut attiser les tensions entre communautés, nourrir la méfiance ou provoquer des conséquences bien plus graves qu’on ne l’imagine. À Uvira et dans les territoires voisins, les journalistes doivent composer avec la complexité des relations entre différentes communautés, mais aussi avec l’influence d’acteurs politiques susceptibles d’instrumentaliser l’information à des fins personnelles ou partisanes.

Suivre notre formation sur l’intégrité de l’information dans les zones de conflit ici : 

Balobaki Check organise une série de formations consacrées à la vérification des faits et à l’utilisation de certains outils d’intelligence artificielle dans les rédactions congolaises. Pour la ville d’Uvira, les journalistes sont venus de Fizi et des Hauts Plateaux pour prendre part à cette formation. Cette initiative de Balobaki Check dans l’est du pays bénéficie de l’appui du CICR, dont le rôle humanitaire demeure essentiel dans les contextes de conflit. À travers le dialogue confidentiel avec les parties, la protection des personnes touchées par la guerre et la facilitation d’opérations humanitaires, notamment les échanges de détenus et de prisonniers, le CICR contribue à maintenir des espaces de communication là où les canaux ordinaires sont rompus.

Lien:

https://acp.cd/province/sud-kivu-le-fact-cheking-et-lintelligence-artificielle-au-centre-dune-formation-a-uvira/

L’expérience de Balobaki Check, née dans le contexte particulier de la RDC et nourrie par plusieurs années de travail sur la désinformation, nous enseigne une chose essentielle : “la vérification des faits n’est pas un luxe réservé aux grandes rédactions”, a commenté Ange Kasongo, la fondatrice de Balobaki Check; mais, “ elle est une nécessité démocratique et parfois même un outil de prévention des violences”, a-t-elle ajouté. Balobaki compte sur un large réseau de journalistes – points focaux basés dans les villes de Bukavu, Bunia, Beni, Goma, Kisangani mais aussi Kinshasa. 

Balobaki – notre équipe https://balobakicheck.com/notre-equipe/ 

Former les journalistes à vérifier une image, authentifier une vidéo, retrouver l’origine d’une affirmation ou utiliser de manière responsable les outils d’intelligence artificielle, c’est leur donner des moyens supplémentaires pour résister aux manipulations et protéger le public contre les récits fabriqués. C’est aussi renforcer leur capacité à exercer leur métier avec rigueur dans des espaces où la vérité est souvent la première victime de la guerre.

Pour Balobaki Check, cette collaboration prend tout son sens. Elle nous permet d’aller à la rencontre de journalistes qui, malgré le manque de moyens et les menaces qui les entourent, continuent de faire vivre le droit à une information fiable.

Rejoindre le Collectif de Fact-checker de la RDC : 

À Uvira, nous n’avons pas seulement parlé de techniques de fact-checking ou d’outils numériques. Nous avons parlé de responsabilité, de sécurité, de confiance et de la place du journaliste dans une société fragilisée par la guerre. “Car dans les territoires où les armes imposent souvent leur propre récit, vérifier les faits, c’est aussi refuser que le mensonge devienne une nouvelle ligne de front”, commente Ange Kasongo.

 

 

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