Épidémie d’Ebola en RDC : ce qu’il faut savoir des vaccins à l’étude contre la souche Bundibugyo

En 2 lignes

« À ce jour, plusieurs candidats vaccins et traitements sont en cours d’évaluation, notamment sous l’égide de l’OMS et de l’Africa CDC, mais aucun n’a encore été approuvé.  

06/14/2026

En bref

Depuis le 15 mai 2026, la République démocratique du Congo fait face à une nouvelle flambée de la maladie à virus Ebola. Cette épidémie, signalée dans les zones de santé de Bunia, Mungbwalu et Rwampara, en Ituri, est causée par le variant Bundibugyo, une souche du virus Ebola pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique n'est actuellement homologué.

Selon les autorités sanitaires, cette souche peut présenter un taux de létalité pouvant atteindre 50 %. Au-delà de la RDC, l’Ouganda est également touché par cette épidémie. Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), qui a qualifié cette situation d’urgence de santé publique de sécurité continentale, estime par ailleurs que plusieurs pays africains voisins restent exposés à un risque de propagation en raison des mouvements transfrontaliers.

Ces derniers jours, des annonces(1, 2, 3) ont évoqué le développement de vaccins susceptibles d’être utilisés contre le variant Bundibugyo. Que sait-on réellement de ces différentes pistes ? Cet article fait le point sur les principaux candidats actuellement à l’étude.

 Citation :

«Des scientifiques russes ont mis au point un vaccin contre une nouvelle souche de #Ebola, a annoncé le ministre de la Santé #Murashko

Selon les scientifiques russes, le vaccin pourrait également protéger contre la rare souche Bundibugyo liée à l’épidémie en #RDC»

#MadelnRussia #RussiaAfrica’’

   Capture d’écran prise par BALOBAKI CHECK

Les faits: 

Pour en savoir plus sur les différentes pistes actuellement étudiées, nous avons consulté les communications officielles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Africa CDC ainsi que des autorités sanitaires congolaises(1, 2

Africa CDC : des candidats vaccins en cours de développement

Lors d’un briefing de presse organisé le 28 mai 2026, le directeur général de l’Africa CDC, Jean Kaseya, a indiqué que plusieurs candidats vaccins étaient actuellement à l’étude contre la souche Bundibugyo. Selon lui, les recherches progressent et pourraient permettre de disposer d’un vaccin contre cette souche d’ici la fin de l’année 2026. Il a toutefois précisé qu’aucun produit n’a encore franchi l’ensemble des étapes nécessaires à une homologation.

Les pistes identifiées par l’OMS

Dans un communiqué publié le 30 mai 2026, l’OMS a présenté les options thérapeutiques et vaccinales jugées prioritaires pour une éventuelle évaluation dans le cadre d’essais cliniques.

Trois traitements prioritaires

Pour les personnes infectées, les experts de l’OMS recommandent d’évaluer en priorité : « les anticorps monoclonaux MBP134 ; le maftivimab ; et l’antiviral remdesivir. ». Une combinaison associant un anticorps monoclonal et le remdesivir pourrait également être étudiée.

Pour la prévention après exposition, l’antiviral oral obeldesivir figure parmi les options retenues. Son utilisation dépend toutefois de la capacité des équipes sanitaires à identifier et suivre rapidement les contacts des personnes infectées.

Trois candidats vaccins examinés

Pour l’OMS, le vaccin candidat considéré comme le plus prometteur est le « rVSV-Bundibugyo », développé par l’Initiative internationale pour un vaccin contre le sida (IAVI). Selon l’OMS, son évaluation dans le cadre d’essais cliniques pourrait encore nécessiter entre sept et neuf mois.

Un second candidat, « ChAdOx1-Bundibugyo », développé par l’Université d’Oxford en partenariat avec le Serum Institute of India, pourrait être disponible dans un délai de deux à trois mois pour des études d’efficacité.

Les experts ont également examiné la possibilité d’utiliser « Ervebo », actuellement le seul vaccin homologué contre Ebola. Toutefois, ce vaccin a été développé contre la souche Zaïre du virus Ebola et n’est pas autorisé contre le variant Bundibugyo. À ce stade, les données scientifiques disponibles ne permettent pas de confirmer une protection suffisante contre cette souche.

La piste du vaccin russe

Le 26 mai 2026, le ministre russe de la Santé, Mikhaïl Mourachko, a annoncé que des chercheurs russes travaillaient sur un vaccin contre la nouvelle épidémie d’Ebola. Selon les informations communiquées, ce vaccin a été développé par l’Institut Gamaleya de Moscou et repose sur une technologie de vecteur viral destinée à stimuler la réponse immunitaire.

Toutefois, plusieurs questions demeurent. Le vaccin russe a été conçu à partir de la souche Zaïre du virus Ebola et non du variant Bundibugyo actuellement responsable de l’épidémie en RDC et en Ouganda.

L’Africa CDC a donc adopté une position prudente. Jean Kaseya a indiqué attendre les données scientifiques complètes avant de se prononcer sur son éventuelle efficacité contre la souche Bundibugyo. Des échanges avec les chercheurs russes sont annoncés afin d’examiner les résultats disponibles.

Lire aussi : 

Nouveau variant Bundibugyo du virus Ebola en RD Congo: ce que l’on sait

La position de la République du Congo concernant le vaccin russe 

Lors d’une conférence de presse organisée le 28 mai à Bunia, en Ituri, aux côtés du ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, le ministre de la Santé publique, Roger Samuel Kamba, n’a fermé aucune porte. Interrogé sur le vaccin russe, il a indiqué que « le gouvernement restait ouvert à toute proposition de vaccin ».

Il a toutefois précisé que tout vaccin destiné à être utilisé en RDC devait répondre à des exigences scientifiques strictes en matière d’évaluation, de validation et de sécurité. Selon lui, « toute décision devra s’appuyer sur les données scientifiques disponibles ainsi que sur l’avis des autorités sanitaires compétentes, afin de garantir une riposte sûre et adaptée à l’épidémie ».

Qu’en est-il en RDC ?

À ce jour, ni le ministère de la Santé ni l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) n’ont annoncé le développement ou la disponibilité d’un vaccin homologué contre le variant Bundibugyo par les chercheurs congolais. 

En attendant les résultats des recherches en cours, les autorités sanitaires continuent de mettre l’accent sur les mesures de santé publique : détection rapide des cas, isolement des personnes infectées, suivi des contacts et sensibilisation des communautés.

En conclusion, il n’existe pas encore de vaccin officiellement homologué contre la souche Bundibugyo du virus Ebola. À ce jour, plusieurs candidats vaccins et traitements sont en cours d’évaluation, notamment sous l’égide de l’OMS et de l’Africa CDC, mais aucun n’a encore été approuvé. Les recherches se poursuivent. Les mesures de santé publique restent la principale réponse pour contenir l’épidémie.

Écrit par : Dinho Kazadi, Relecture : Moise Esapa 

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