Nouveau variant Bundibugyo du virus Ebola en RD Congo: ce que l’on sait

En 2 lignes

La souche Bundibugyo du virus Ebola est considérée comme moins mortelle que la souche zaïre.

05/20/2026

En bref

La province d'Ituri, dans le nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC), fait face à une 17ème épidémie d’Ebola due au variant Bundibugyo, contre lequel aucun vaccin homologué n’existe à ce jour, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Lors des précédentes flambées épidémiques, le taux de mortalité de la maladie à virus  Ebola a varié entre 25% et 90%, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Concernant  la souche Bundibugyo, le ministre congolais de la Santé, Samuel-Roger Kamba, a déclaré le samedi 16 mai 2026 :  » Avec cette souche Bundibugyo, le taux de létalité est très important ; il peut atteindre jusqu’à 50% ».

Ces données montrent que le variant Bundibugyo demeure, en moyenne, moins létal que la souche Zaïre, comme l’a rappelé le ministre de la Santé lors d’un briefing spécial organisé le mardi 19 mai 2026 aux côtés du ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, et du virologue Jean-Jacques Muyembe. Toutefois, les autorités sanitaires soulignent que cette souche reste particulièrement dangereuse, notamment en raison de l’absence de vaccin homologué.

Le virus Ebola est une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmise des animaux aux  humains. Il provoque une infection aiguë et grave, souvent mortelle en l’absence de traitement rapide.  La maladie tire son nom de la rivière Ebola, située dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC), où le virus a été identifié pour la première fois en 1976.

Citation :

 » Alors, quelle est la différence sur le plan, sur le pouvoir pathogène, entre Ebola Zaïre et Ebola Bundibugyo ?(..) Ebola Zaïre donne une maladie grave, avec au moins 50% de signes hémorragiques. Et la mortalité est au-delà de 80%.Tandis que Bundibugyo, que nous avions vu à Isiro, les symptômes étaient plutôt bénins et la mortalité approchait les 40%. Donc c’est un virus qui est moins pathogène que le virus Ebola Zaïre », Docteur Jean-Jacques Muyembe lors de la conférence de presse du 19 mai 2026

Muyembe, Muyaya et Kamba

Bilan au 19 mai – « Nous menons une recherche active dans les communautés afin de déterminer les circonstances des décès signalés dans les familles. Toutes ces informations sont compilées pour identifier les décès probables liés à cette maladie. À ce jour, nous comptons 136 décès probables liés à Ebola », a expliqué le Docteur Muyembe lors d’un point de presse avec les ministres de la Communication et de la Santé.

Quant au nombre de malades, 69 patients sont actuellement pris en charge dans les centres de traitement, tandis qu’environ 543 cas probables sont recensés dans la communauté.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS),  » l’insécurité persistante, la crise humanitaire, la forte mobilité de la population, la nature urbaine ou semi-urbaine du foyer actuel ainsi que l’existence d’un vaste réseau d’établissements de santé informels aggravent le risque de propagation ».

Malgré les progrès réalisés ces dernières années, les vaccins et traitements actuellement disponibles restent efficaces uniquement contre la souche Zaïre, à l’origine des plus importantes épidémies recensées. Au cours des cinquante dernières années, le virus Ebola a fait plus de 15.000 morts en Afrique. 

Selon les chiffres communiqués le 19 mai par le ministre congolais de la Santé, Samuel-Roger Kamba, lors d’un briefing spécial diffusé sur la chaîne youtube de la RTNC, la souche Bundibugyo a déjà enregistré “ environ 543 cas probables,136 décès probables et 69 malades pris en charge ”.

En quoi la souche « Bundibugyo » diffère-t-elle de la souche Zaïre ?

La souche Bundibugyo est une variante distincte du virus Ebola. Découverte pour la première fois en Ouganda en 2007, elle diffère de la souche Zaïre, identifiée en 1976 en RDC. À ce jour, six espèces du virus Ebola ont été identifiées, généralement nommées d’après les régions où elles ont été découvertes : Ebola Zaïre, Ebola Soudan, Ebola Reston, Ebola Forêt de Taï et Ebola Bundibugyo. 

Les dernières flambées d’Ebola en RDC avaient été maîtrisées en trois ou quatre mois. La plus récente s’est achevée en décembre 2025 à Bulape, dans le Kasaï, après quatre mois de riposte coordonnée avec l’OMS. 

En revanche, l’épidémie qui avait touché le Nord-Kivu et l’Ituri, entre 2018 et 2020 demeure la plus longue et l’une des plus meurtrières de l’histoire du pays. Elle avait duré près de deux ans et causé 2 299 décès. Sa maîtrise avait nécessité une vaste campagne de vaccination ayant concerné plus de 300 000 personnes.

Ebola reste une maladie hautement létale et difficile à contenir lorsque la réponse sanitaire tarde à se mettre en place. Entre 2014 et 2016, l’épidémie qui a frappé l’Afrique de l’Ouest avait fait plus de 28 600 cas et environ 11 300 morts en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria, soit le bilan le plus lourd jamais enregistré pour cette maladie. 

Aujourd’hui, le retour de la souche Bundibugyo en RDC inquiète les autorités sanitaires nationales et internationales. Bien qu’elle soit considérée comme moins létale que la souche Zaïre, elle demeure particulièrement préoccupante en raison de l’absence de vaccin et de traitement spécifique homologués.

Lire aussi : 

Le virologue Jean-Jacques Muyembe a reconnu ce défi lors du briefing du 19 mai : « Malheureusement, pour la souche Bundibugyo, nous n’avons pas encore suffisamment d’études, surtout dans notre pays. Nous n’avons ni vaccin ni traitement curatif disponibles. Mais dans les prochains jours, nous allons certainement mettre en place des candidats vaccins et des molécules thérapeutiques que nous pourrons tester afin de trouver des solutions pour traiter les malades atteints d’Ebola Bundibugyo ”. 

Ce qu’il faut savoir d’autres au 20 mai :

  • Quatre zones de santé sont touchées en Ituri : Mungwalu, Bunia, Rwampara et Nyakunde.
  • La ville de Butembo est également concernée, tout comme Goma où un cas a déjà été enregistré.
  • Concernant les échantillons analysés dans les laboratoires, notamment à l’INRB, près de 32 cas positifs ont été confirmés.
  • S’agissant des décès, les autorités précisent que les chiffres communiqués concernent des décès supposés liés au virus, plusieurs victimes étant décédées au sein de la communauté avant toute prise en charge médicale.
  • Quant au nombre de malades, 69 patients sont actuellement pris en charge dans les centres de traitement, tandis qu’environ 543 cas probables sont recensés dans la communauté.

« Nous menons une recherche active dans les communautés afin de déterminer les circonstances des décès signalés dans les familles. Toutes ces informations sont compilées pour identifier les décès probables liés à cette maladie. À ce jour, nous comptons 136 décès probables liés à Ebola », a expliqué le Docteur Muyembe.

La principale différence entre les souches  Bundibugyo et Zaïre repose donc sur leur composition génétique, leur niveau de létalité ainsi que sur les moyens de riposte médicale actuellement disponibles.

Écrit par :  Ravanelly Ntumba et Mado Sakaji  , Relecture: Kerene Yala

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