L’armée congolaise dément la prétendue capture de 250 de ses soldats à Luvungi par le FRN. L’image utilisée est sortie de son contexte

En 2 lignes

En deux lignes : Aucune source officielle ne confirme que 250 soldats congolais ont été capturés à Luvungi. L’image qui circule a été prise à Lubero en juillet 2024.

11/04/2026

En bref

Une image circule depuis le 25 octobre 2026 sur les réseaux sociaux Facebook et X, montrant des soldats en tenue militaire et quelques autres en tenue civile y compris une femme. Selon l’auteur de la publication, il s’agit de 250 soldats des forces armées congolaises (FARDC) capturés à luvungi après leur encerclement par les soldats du front de la refondation de la nation (FRN). En réalité, il s’agit d’une photo prise en juillet 2024 lors du procès des 27 soldats à Lubero. L’armée congolaise a démenti cette prétendue capture.

Cette publication circule dans un contexte de fortes tensions entre les Forces armées de la République democratique du Congo ( FARDC) et les rebelles de FRN  dans l’Est de la RDC. À luvungi dans la province du Sud-Kivu des violents combats ont été signalés le 20 octobre qui ont perturbé  activités de circulation et scolaires.

Citation :

#RDC: LES NEWS DU FRONT SUD-KIVU: 250 soldats FARDC capturés à Luvungi après l’encerclement par les soldats du Front pour la Réfondation de la Nation de Joseph KABILA 🤣😂

Capture d’écran prise par Balobaki

Les faits :

Une information d’une telle portée, devrait susciter l’intérêt des médias à la fois nationaux et internationaux. Pourtant, une recherche sur google avec des mots-clés tels que : ‘’ captures des 250 soldats congolais à luvungi” n’a fait ressortir aucun article publié par un média crédible qui rapporte cette prétendue capture. 

En outre, les comptes X  des FARDC, et du FRN consultés au cours de notre vérification, ne mentionnent aucune capture de militaires à Luvungi.

Pour approfondir nos vérifications, Balobaki check a contacté le porte-parole de l’armée dans le Sud-Kivu, le lieutenant Mbuyi Kalonji Reagan. Ce dernier a formellement démenti l’information. « C’est une fausse information, aucun élément des FARDC n’a été capturé », a-t-il déclaré.

Quant à l’image qui accompagne la publication, elle n’a aucun lien avec Luvungi. Une recherche d’image inversée a permis d’établir qu’elle remonte à juillet 2024 et qu’elle montre des militaires des FARDC concernés par une procédure judiciaire pour fuite devant l’ennemi, dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu.

Manipuler par la désinformation 

Pour Azarias Mokonzi, chercheur et expert en défense, sécurité et droit international, les rumeurs faisant état de la capture de militaires des FARDC relèvent d’une « manipulation visant à semer la panique au sein de la population et à pousser les troupes à abandonner leurs positions ». Selon lui, « cette stratégie chercherait à reproduire le scénario qui avait conduit à la chute de la ville d’Uvira ».

« C’est précisément par cette stratégie de propagande qu’une partie au conflit tente de manipuler son adversaire pour l’inciter à commettre des actes contraires à la loi », a-t-il insisté.

Ce que prévoit la loi face à la diffusion de fausses informations

En République démocratique du Congo, la législation prévoit des sanctions contre la diffusion de fausses informations, notamment lorsque celles-ci portent atteinte aux personnes, troublent la paix publique ou affectent le moral des forces armées.

L’ordonnance-loi n° 23/010 du 13 mars 2023 portant Code du numérique prévoit, à son article 360, une peine de servitude pénale d’ un à six mois et une amende de 500 000 à 1 000 000 de francs congolais, ou l’une de ces deux peines seulement, pour quiconque initie ou relaie une fausse information contre une personne par les réseaux sociaux, les systèmes informatiques ou tout autre support électronique.

Cette disposition est complétée par l’ordonnance-loi n° 23/009 du 13 mars 2023 portant  portant modalités d’exercice de la liberté de la presse. Son article 123 prévoit des sanctions en cas de publication, de diffusion ou de reproduction, de mauvaise foi, de fausses nouvelles ayant troublé la paix publique.

Le texte précise :

« La publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque cet acte est posé de mauvaise foi et a troublé la paix publique, est punie conformément au code pénal. Les mêmes faits sont punis conformément au code de justice militaire, lorsque la publication, la diffusion ou la reproduction faite de mauvaise foi a ébranlé la discipline ou le moral des armées ou a entravé l’effort de guerre de la Nation. »

En conclusion, l’affirmation selon laquelle 250 soldats des FARDC ont été capturés à Luvungi ne repose sur aucune preuve. Elle a été démentie par l’armée congolaise. La photo utilisée pour appuyer cette allégation est ancienne et remonte à juillet 2024 dans un autre contexte. 

Écrit par Richard MIVIRI , Relecture Dinho Kazadi, Mise en ligne : Mado Sakaji

Nos sources:

 

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