Du 12 au 13 octobre 2026 Balobaki Check a participé à un forum international des médias en Afrique organisé à Kinshasa, à l’initiative de la fondation Konrad Adenauer Stiftung. Placées sous le thème « Développer la connectivité et l’innovation dans la gouvernance des médias », ces assises de deux jours ont réuni plusieurs acteurs du secteur médiatique africain autour des défis et des perspectives d’avenir de la presse sur le continent.
Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture , Timon Roujean, représentant résident de la fondation Konrad Adenauer en République démocratique du Congo ( RDC), a appelé les acteurs de la presse africaine à s’approprier les nouvelles technologies de l’information et de la communication afin de bâtir des modèles économiques viables et de garantir une gouvernance transparente au sein des organes de presse.
“ L’innovation dans notre secteur n’est pas un luxe, c’est une condition de survie. Nous devons repenser nos méthodes de gestion, renforcer nos infrastructures technologiques et créer un écosystème médiatique africain résilient et compétitif face aux géants mondiaux ”, a-t-il déclaré
Plusieurs thématiques ont été abordées par des experts venus de différents pays africains au cours de ce forum. Il s’agit notamment de la liberté de la presse et de la sécurité des journalistes, de la viabilité économique et de l’ indépendance des médias, de la désinformation et de l’ intégrité de l’information, de l’intelligence artificielle et de l’avenir journalisme, de la collaboration interafricaine et des réseaux médiatiques ainsi que des plateformes numériques et de la souveraineté de l’information.
Désinformation et Intégrité de l’information : les médias appelés à renouer avec les fondamentaux du journalisme
Intervenant sur la désinformation et l’intégrité de l’information, Valdez Onanina, Rédacteur en chef du bureau francophone d’Africa Check a insisté sur la responsabilité des médias dans la lutte contre la propagation des fausses informations. Il a notamment plaidé pour l’adoption et l’application effective d’une loi sur l’accès à l’information en RDC, tout en appelant les journalistes à respecter les principes fondamentaux de leur profession.
“L’État congolais doit adopter une loi sur l’accès à l’information. Il ne suffit pas d’avoir ces lois ; encore faut-il les appliquer. Concernant les médias, on ne demande pas à tous de faire du fact-checking. On leur demande de revenir aux fondamentaux du traitement de l’information, vérifier avant de publier.“
Il poursuit en disant que : “S’il y a autant de désinformation aujourd’hui, nous ne pouvons pas fuir nos responsabilités. C’est aussi parce que, dans nos processus et dans notre travail, nous ne le faisons plus. Aujourd’hui, c’est la course à l’audience. Chacun veut être le premier à diffuser l’information, et l’on oublie ce qui est pourtant consubstantiel au métier de journaliste.”
“Les médias ont leur part de responsabilité. Les plateformes doivent, évidemment, être engagées dans cette réflexion. Nous devons également promouvoir nos langues locales à travers les plateformes, mobiliser les fact-checkers, la société civile et les citoyens, notamment grâce à l’éducation aux médias “ , a conclu Valdez Onanina.
En tant que partie prenante à ces assises, Balobaki Check, représenté par quatre journalistes, a pris part aux travaux de certains groupes et formulé plusieurs recommandations en vue de l’élaboration de cet avant-projet. Ces assises se sont achevées le mardi 13 octobre par l’adoption de l’avant-projet de la charte médiatique en Afrique,en présence du ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya.




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