Je ne savais pas trop à quoi ressemblerait notre réunion annuelle de journalistes de vérification des faits en 2026. La vérification des faits n’a pas été facile ces derniers temps. Nous avons été la cible d’attaques de la part d’acteurs politiques qui se dérobent à leurs responsabilités quant à la diffusion de fausses informations. On nous a accusés de partialité, malgré tous nos efforts pour rester impartiaux et objectifs. Nous avons vu nos modèles économiques s’effriter, sapés par les résumés générés par l’IA et les plateformes monopolistiques qui profitent de l’attention sans investir dans l’exactitude de l’information. Et nous avons constaté que nos sources de financement ont été délibérément taries par ceux qui savaient parfaitement ce qu’ils faisaient.
Nombre d’entre nous ont dû réduire leurs effectifs. Certains ont dû demander à leurs équipes de faire plus avec moins — et ont vu des personnes compétentes s’épuiser sous le poids de cette charge.
Notre budget pour la réunion annuelle était le plus faible depuis des années. Pourtant, malgré les difficultés, nous avons uni nos forces et collaboré pour démultiplier nos efforts. Notre partenaire Delfi à Vilnius, en particulier, nous a aidés à obtenir un soutien crucial pour faire de notre conférence un événement plus important et de meilleure qualité. La Radio-Télévision nationale lituanienne organise une journée consacrée aux enquêtes. Le Réseau européen des normes de vérification des faits a également apporté un soutien substantiel en tant que co-organisateur. On peut affirmer sans exagérer que l’Europe est aujourd’hui au cœur du soutien mondial à la vérification des faits.
Lors de la préparation de cette conférence, nous avons appris à connaître le peuple lituanien : sa force, sa sagesse et sa résilience. À une époque où la vérité est attaquée en de nombreux endroits, la Lituanie se distingue comme un pays et une culture qui ont appris – au prix de grands sacrifices – à valoriser la vérité comme rempart contre l’oppression. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux.
En pensant à nos amis, anciens et nouveaux, je ne peux m’empêcher de penser à ceux qui ne sont pas parmi nous aujourd’hui.
Regardez qui manque à l’appel lors de rassemblements comme celui-ci. Certains de nos soutiens des années précédentes n’ont pas pu être présents, leurs budgets ayant été réduits – victimes des mêmes difficultés que nous. Ces amis nous manquent.
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D’autres sont absents pour une raison différente : le contexte politique a évolué, et leur soutien a suivi cette tendance. Aux plateformes technologiques absentes de cette édition : nous serions ravis de vous accueillir à nouveau. Rejoignez-nous dans notre mission de rendre l’information fiable et de qualité accessible à tous. La vérification des faits n’est pas de la censure ; ce n’est pas une cause partisane. Cela ne l’a jamais été.
Cette conférence a pour but la collaboration — de se retrouver, de partager ce qui fonctionne et de relever ensemble nos défis.
Je suis réconforté de constater que nous ne sommes pas seuls dans notre attachement à la vérité et à une vision nuancée de la technologie. L’un des chefs religieux les plus influents au monde a récemment publié un enseignement majeur sur l’intelligence artificielle. Le pape Léon XIV a écrit à ce sujet dans sa dernière encyclique :
« Notre première tâche n’est ni de diaboliser ni d’idolâtrer les outils technologiques, mais de les utiliser sur la base d’un principe fondamental : la vérité est un bien commun et non la propriété de ceux qui détiennent le pouvoir ou l’influence. »
La vérité est un bien commun. Nous, vérificateurs de faits, pouvons l’affirmer sans hésiter. Elle a toujours été notre guide.
J’exhorte donc mes collègues vérificateurs de faits : ne renoncez pas. Pas maintenant, alors que le travail est le plus ardu et que le besoin est le plus criant.
Il y a un poème que certains d’entre nous ont appris en grandissant, transmis par nos mères. Il est direct, presque obstiné dans son insistance. « Continuez », d’ Edgar A. Guest , dit notamment :
« Quand les finances sont au plus bas et les dettes au plus haut, quand on a envie de sourire mais qu’on ne peut s’empêcher de soupirer ; quand les soucis pèsent sur vous — reposez-vous si nécessaire, mais n’abandonnez pas. »
n ne sait jamais à quel point on est proche du but, il peut être tout près alors qu’il semble loin ; alors, tenez bon dans le combat même quand vous êtes le plus durement touché — c’est quand les choses semblent au pire qu’il ne faut surtout pas abandonner.
N’abandonnez pas, chers collègues vérificateurs de faits. Reposez-vous si nécessaire. Mais n’abandonnez pas.
Et quand vous serez prêts, dites oui. Dites oui aux défis les plus ardus. Dites oui à la collaboration par-delà les frontières, les langues et les différentes méthodes de travail. Dites oui à l’innovation. Dites oui les uns aux autres.
C’est ce « oui » qui nous réunit. C’est pourquoi nous revenons sans cesse à GlobalFact.
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Par : Angie Drobnic Holan , Le 17 juin 2026
Source : Cet article est une republication intégrale d’un contenu initialement publié par Poynter. Le texte est reproduit sans modification éditoriale. Les opinions et analyses exprimées dans cet article sont celles de son auteur et de la publication d’origine.
Source originale : Poynter.50




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